Quel livre lire cet été ? L’été est la saison des grands romans, des enquêtes, des destins hors du commun.
Et si le meilleur suspense de cet été était… une histoire vraie ?
Car Madame S réunit tout ce que l’on attend d’une grande lecture : une femme au cœur du pouvoir, un président de la République mort dans ses bras, un double meurtre jamais totalement élucidé, un procès où une tête risque de tomber sous la guillotine, des amants célèbres, des mensonges, des secrets, des personnages oubliés et une Belle Époque qui n’a de « belle » que le nom.
Mais ce n’est pas ce qui fait de ce livre une lecture inoubliable.
Le véritable suspense est ailleurs.
Il commence au moment où l’on comprend que, depuis plus d’un siècle, nous racontons peut-être davantage le mythe de Marguerite Steinheil que son histoire.
Et si le véritable mystère n’était pas celui des crimes ?
Au fil de mes recherches, une question s’est imposée.
Pourquoi le récit de Marguerite Steinheil paraît-il si parfaitement cohérent ?
Pourquoi semble-t-elle correspondre exactement au personnage que son époque a fabriqué pour elle ?
Une femme séductrice.
Manipulatrice.
Menteuse.
Dangereuse.
Lorsqu’une histoire paraît aussi parfaitement écrite, l’historien doit commencer à se méfier.
Car aucune vie réelle n’est aussi cohérente qu’une légende.
C’est là que commence l’enquête.
Et c’est là que Madame S emmène son lecteur.
Non pas vers des certitudes.
Mais vers les zones d’ombre, les personnages occultés, les contradictions, les silences et les vérités enfouies.
Une femme… ou un miroir de notre époque ?
C’est sans doute ce qui rend Marguerite Steinheil si actuelle.
Car très vite, le livre cesse de parler uniquement d’elle.
Il parle aussi de nous.
Pourquoi certaines femmes deviennent-elles des scandales publics ?
Pourquoi leur sexualité finit-elle par résumer toute leur existence ?
Pourquoi continue-t-on à parler davantage de leur réputation que de ce qu’elles révèlent ?
Pourquoi une femme dérangeante devient-elle si facilement un personnage avant de rester une personne ?
Ces questions appartiennent-elles vraiment à la Belle Époque ?
Ou traversent-elles encore notre présent ?
Beaucoup de réponses sont présentes dans ce livre à lire cet été.
Une lecture qui change notre regard
Lire le livre Madame S cet été, ce n’est pas seulement découvrir une histoire extraordinaire.
C’est comprendre comment se fabrique une réputation.
Comment une rumeur devient une vérité.
Comment une femme est progressivement réduite à quelques mots : maîtresse, intrigante, nymphomane, criminelle…
Et comment ces mots finissent par remplacer la personne.
À mesure que l’enquête avance, le lecteur ne regarde plus seulement Marguerite Steinheil autrement.
Il commence aussi à regarder autrement notre manière de fabriquer les scandales.
Plus qu’une biographie : une enquête sur nos certitudes
Pendant plusieurs années, j’ai suivi les pistes laissées de côté.
J’ai retrouvé des personnages presque oubliés.
Des archives peu exploitées.
Des liens que personne ou presque n’avait interrogés.
Je ne cherchais pas à réhabiliter Marguerite Steinheil.
Je cherchais à comprendre pourquoi son histoire semblait ne plus susciter aucune question.
Et c’est précisément lorsque plus personne ne doute qu’il devient indispensable de reprendre l’enquête.
Le livre de l’été ?
Sans doute, oui c’est le livre à lire cet été.
Parce qu’on y trouve tout ce qu’on attend d’un grand récit : du pouvoir, du sexe, des crimes, des procès, des secrets d’État, des personnages extraordinaires et des rebondissements.
Mais surtout parce qu’en refermant Madame S, une autre enquête commence.
La nôtre.
Car une question continue de nous poursuivre longtemps après la dernière page :
Et si Marguerite Steinheil nous fascinait encore aujourd’hui parce qu’elle nous parle moins de la Belle Époque… que de notre manière, toujours actuelle, de regarder les femmes ?

Un livre salué par la critique… et porté par les lecteurs
À sa parution, Madame S a suscité un enthousiasme rare. Gérard Collard le qualifie de « sublimement écrit » et en fait l’un de ses coups de cœur. Laurent Ruquier le juge « formidable », tandis que Daphné Bürki recommande ce « thriller historique passionnant ».
Jérôme Garcin, qui lui a donné son coup de coeur dans le Nouvels Obs, souligne dans La Provence, le « double défi » relevé par cette enquête : « montrer le vrai visage de Marguerite et raconter sa vie hautement romanesque, sans tomber dans les clichés » . Il voit dans Madame S « un livre aux allures de thriller » qui renouvelle profondément notre regard sur cette femme dont « la légende noire court depuis plus d’un siècle » . Et il conclut par une formule qui résume peut-être le mieux l’ambition de ce livre : « Grande cause, grand livre. »
Mieux qu’une fiction : une enquête dont vous devenez le complice
Aucun romancier n’aurait osé inventer une histoire pareille. Une jeune bourgeoise protestante devenue la maîtresse d’un président de la République mort dans ses bras. Un double meurtre jamais totalement élucidé. Une femme qui risque la guillotine. Des amants célèbres, des mensonges, des secrets d’État, des personnages oubliés, des pistes abandonnées, un incroyable épilogue, qui éclaire totalement différemment la trajectoire de cette femme hors du commun, qui épousera un lord anglais et finira sa vie en Angleterre! Tous les ingrédients d’un grand roman sont là. À une différence près : tout est vrai.
Mais Madame S est plus qu’une biographie. C’est une véritable enquête historique. Au fil des pages, le lecteur ne reçoit pas un récit achevé : il enquête avec l’auteure. Il fouille les archives, découvre les impasses, rencontre témoins oubliés, doute, émet des hypothèses et dessine peu à peu un tout autre visage de Marguerite Steinheil. Comme dans les meilleurs polars, chaque découverte en appelle une autre. Sauf qu’ici, le suspense ne repose pas sur l’imagination d’un romancier, mais sur un patient travail d’historienne afin d’éclairer les angles morts, déconstruire les légendes et redonner vie et dignité à une femme que plus d’un siècle de fantasmes ont fini par faire disparaître derrière son propre mythe.
Cet été, si vous ne deviez emporter qu’un seul thriller… choisissez celui que l’Histoire a écrit elle-même.
Sylvie Lausberg
